Les célébrités aussi ont droit à la protection de leur vie privée

De plus en plus apparaissent dans la presse, sur les réseaux sociaux, les forums…des photos volées de célébrités, des rumeurs quant à leur vie privée, des insultes…sans que leurs auteurs ne semblent conscients des risques. Pour ce qui est de la conduite à tenir, un petit rappel ne fait jamais de mal.

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Le respect de la vie privée ? tout le monde en parle, chacun sait de quoi il retourne et est ravi que cela existe pour protéger son image et son intimité. Mais lorsque cela touche aux personnes dites publiques, telles que les célébrités, et plus particulièrement ici les actrices/acteurs, de nombreuses personnes en oublient toute la teneur. On voit alors dans les magazines, sur les sites internet, les réseaux sociaux, des photos, des informations, des rumeurs, voire même des insultes à l’égard de ces célébrités. Sous prétexte qu’ils exercent une activité qui les placent constamment sous le feu des projecteurs, certains en oublieraient presque qu’ils sont avant tout des personnes comme les autres, qui une fois rentrées chez elles ne souhaitent qu’une chose, vivre leur vie paisiblement et surtout à l’abri des flashs, ragots…

En France (comme dans la majorité des pays capitalistes), il existe tout un mécanisme légal permettant la protection de la vie privée et le droit à l’image de tout individu, en interdisant, sous couvert de l’article 9 du Code civil, la divulgation d’image ou tous autres types d’informations relatives à la vie privée des individus, quels qu’ils soient.

Pour ce qui est des personnes dites publiques, dont font partis les actrices/acteurs, seules peuvent êtres divulgués, sans leur accord express, les photos et informations relevant de ce que l’on appelle « la légitime information du public ». Outre cette exception, chacun peut s’opposer à la divulgation de ces photos/informations sans leur accord.

Sur ce point, pour la première fois, Leonardo Di Caprio, comédien américain de réputation mondiale, a demandé et obtenu d’un tribunal français la condamnation d’un journal sur le fondement de l’article 9 du code civil. Dans une ordonnance de référé du 27 juillet 2015, le TGI de Paris a condamné le magazine Oops à verser à Leonardo Di Caprio une provision de 8 000 € à faire valoir sur son préjudice moral résultant des atteintes à sa vie privée et son droit à l’image, et à publier un communiqué en première page de couverture dans le numéro suivant. Sans surprise, le tribunal rappelle que toute personne a droit au respect de sa vie privée, même une star mondialement connue, et détient un droit exclusif sur son image, à condition que ces droits soient conciliables avec le droit à la liberté d’expression. Dans ce dernier cas, ces droits peuvent, en effet, céder devant la liberté d’informer sur un sujet susceptible d’entrer dans le champ de l’intérêt légitime du public.
Dans cette affaire, le magazine avait révélé une prétendue grossesse, une information intime et, de surcroît, fausse. « En l’absence de tout élément de nature à accréditer, ne serait-ce que de manière infinitésimale, l’exactitude des faits allégués, l’atteinte au respect de la vie privée est, en l’espèce, parfaitement caractérisée, l’information querellée ne relevant en rien d’une légitime information du public », a conclu le tribunal. Pour sa défense, le magazine invoquait une complaisance de Leonardo Di Caprio envers les médias. Ce à quoi, le tribunal a opposé l’absence d’« élément attestant de ce que celui-ci se serve de sa vie privée pour entretenir une carrière et une notoriété largement établies », ce qui pourrait à l’avenir exclure de cette notion de complaisance les déclarations consenties par les artistes de grande notoriété dans le cadre de leurs activités publiques.

Rien de bien surprenant en soi en ce qui concerne cette décision, mais l’occasion de rappeler les règles à respecter, non seulement pas les magazines, mais aussi et surtout par les « fans », sur internet et les réseaux sociaux.

Pour les photos :

La règle du copyright reste la même. Internet, réseaux sociaux, forums… l’accord du photographe et des personnes présentes sur les photos est indispensable à leur diffusion. Personne n’est autorisé à apposer un copyright sur des photos ne lui appartenant pas ou n’ayant pas reçu l’autorisation expresse du photographe.

Pour ce qui est des photos de célébrités prises par des professionnels, leur accord est indispensable à leur divulgation, sous peine de poursuites.

Pour ce qui est des photos de célébrités prises par des amateurs, leur publication sur les réseaux sociaux par leurs auteurs n’autorise en aucun cas leur reprise et divulgation par d’autres, dans l’accord de la source originaire. Parce qu’en cas de divulgation non autorisée, la vie privée mais aussi et surtout le droit à l’image de ces amateurs seraient violés.

De même, il est vrai qu’il existe des paparazzi mais attention, s’ils peuvent être poursuivis, vous aussi…Donc ne jouez pas à ce jeu là ou alors ne divulguez pas vos photos. Seules les photos de célébrités prises lors d’évènements publics peuvent, comme pour n’importe qui, être divulguées sans leur autorisation expresse.

Pour les informations privées et rumeurs :

En cas de connaissance d’informations ou rumeurs relatives à la vie privée des célébrités, toute personne qui ne serait pas en possession de preuves corroborant ses dires, est susceptible encore une fois d’être poursuivie pour atteinte à la vie privée.

Pour le harcèlement et les insultes :

L’expansion d’internet, et des réseaux sociaux plus spécifiquement, a donné naissance à un phénomène assez particulier, qui existait bien évidemment avant, mais qui s’est vu amplifié ces dernières années.

Les réseaux sociaux permettent aux « fans » d’être en contact, certes virtuel, mais concret et surtout direct, avec leurs idoles. Un contact qui apparait à certains comme privilégié, et qui alimente la confusion entre fiction et réalité. En effet, on voit de plus en plus de « fans » ne plus être capable de faire la distinction entre les personnages qu’ils adorent et les actrices/acteurs qu’ils vénèrent.

Cette proximité donne cette impression d’implication dans la vie privée de ces célébrités, qui partagent une part de leur vie sur la toile, et parfois même interagissent directement avec leurs « fans ». Des interactions, dont la demande se fait parfois très insistante par certains « fans » qui ne prennent plus conscience de la frontière existant entre communication, échange cordial et harcèlement.

Une confusion entre réalité et fiction, entre personnages et actrices/acteurs, qui donne lieu à des situations qui peuvent vite virer aux insultes. Parce que oui, même s’il est difficile à certains de l’admettre, l’incarnation d’un personnage ne fait pas de l’actrice/acteur qui l’interprète son incarnation dans la réalité. On voit ainsi de plus en plus de « fans » se prenant de passion pour des relations amoureuses à l’écran et voulant à tout prix les voir se transposer dans la réalité, allant jusqu’à insulter, voire menacer les véritables partenaires des actrices/acteurs.

Des situations qui ne doivent pas être sous estimées par leurs auteurs qui risquent, même à travers leurs écrans et comptes de réseaux sociaux (sur lesquels ils masquent bien souvent leurs véritables identités), de se voir poursuivre pénalement pour insultes, harcèlement, menaces, calomnie…

Alors quelle conduite tenir ?

Le meilleur conseil à donner à tous ces « fans », qui ne l’oublions pas sont à l’origine du succès de ces célébrités, est de se conduire en être humains respectueux, en traitant les célébrités comme ils souhaiteraient eux mêmes être traités.

Certaines célébrités, comme Kim Kardashian, font de leur image, de la divulgation de tous les éléments de leur vie privée leur fond de commerce, mais attention, cela ne représente qu’une infime part des célébrités. Pour la plupart, ces personnes, en dehors des plateaux de tournage et tapis rouges, ne sont que des personnes ordinaires ne désirant être reconnus que pour leur travail et non pour leur vie privée. S’ils acceptent de divulguer certaines parts de leur intimité, prenez cela comme un bonus, pour le reste, respectez leur vie privée, laissez les vivre « sous le radar ». Aimeriez vous voir des photos de vous partout sur internet sans votre consentement lors de vos occupations dominicales, vos soirées, vos vacances ? Aimeriez vous être harcelés jusqu’à vous sentir obligés de répondre à des personnes cachant leur identité sur internet ? Aimeriez vous que de parfaits inconnus jugent publiquement vos choix de vie ? Le choix de votre partenaire ? Votre aspect physique… ?

Le tout sur internet est donc de se comporter convenablement, de prendre ce que l’on veut bien partager avec vous, ne pas trop en demander, respecter les choix de chacun, de respecter les droits à l’image de tout à chacun… Sinon l’adage « pour vivre heureux, vivons cachés » risque de prendre tout son sens dans les années à venir.

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