Si on parlait un peu de la saison 3 d’Orange Is The New Black ?

Mise en ligne le vendredi 12 juin par Netflix, la saison 3 d’Orange is The New Black, nous a réservé de belles surprises et quelques rebondissements.

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Après le succès des deux premières saisons de sa série évènement, Orange is The New Black, Netflix a mis en ligne l’intégralité de la saison 3 le vendredi 12 juin, une nouvelle saison très attendue par ses adeptes. Une saison 3 présentée par sa créatrice, Jenji Kohan, comme étant placée sous le signe de la foi et la maternité.

Après le visionnage des 13 nouveaux épisodes, qu’en avons nous pensé ?Les promesses ont elles été tenues ?

Traditionnellement, la saison 3 d’une série est une saison charnière. En effet, la saison 1 permet la mise en place du contexte et des intrigues, la saison 2 l’approfondissement des personnages et la recherche d’un rythme de croisière. La saison 3 est donc un challenge pour les scénaristes qui doivent renouveler les codes de leur série, sans la dénaturer, mais en faisant tout pour maintenir l’attention du public. Et sur ce point, Orange is The New Black n’échappe pas à la règle.

Petit rappel, Orange is The New Black centre son intrigue sur la période d’incarcération de Piper Chapman, condamnée à 15 mois de prison dans un établissement fédéral de sécurité minimale. Après les deux premières saisons, Piper, bien installée, a su appréhender les règles de vie, les codes de la prison, la conduite à tenir… L’enjeu de la saison 3 était donc important, ne pas laisser Piper stagner dans sa position de bonne détenue, et maintenir la dynamique créée par ses interactions avec les autres détenues et leurs propres histoires. Parce que ce qui fait la richesse de cette série, est qu’elle a beau être centrée sur l’aventure de Piper, elle forme un véritable ensemble, qui s’intéresse également aux histoires variées des autres protagonistes.

Alors quelles sont les nouveautés de cette troisième saison ? Les objectifs de maintenance de la curiosité et de la fidélité des adeptes sont ils atteints ?

La saison 3 d’OITNB comporte 13 épisodes, comme les précédentes, 13 épisodes riches en surprises, en retournements de situation…Pour bien comprendre cette saison, il faut l’examiner de façon générale, en la confrontant aux deux précédentes.

Il faut tout d’abord noter que cette saison, le spectateur prend véritablement conscience du fait qu’OITNB est un véritable ensemble. Bien sûr, Piper Chapman (Taylor Schilling) reste au centre de l’intrigue, et conserve toujours le temps d’image le plus important, mais se développe de plus en plus la découverte des autres détenues, du fonctionnement du système carcéral américain, et des relations entre les codétenues.

Un peu plus de détails ?

La maternité et la foi :

Cette saison 3 fut annoncée comme étant sous le signe de la maternité et de la foi.

En ce qui concerne la maternité, l’épisode 1 se déroule le jour de la fête des mères, l’occasion pour les détenues de passer la journée avec leurs enfants, se poser des questions sur leurs relations avec leurs enfants. Un épisode qui pose la question de savoir comment maintenir ce lien enfant-parent en cas d’incarcération, comment avoir un impact sur la vie de ses enfants ? Comment veiller à leur éducation ? Des questions qui vont tisser toute la saison et sont étudiées principalement à travers les yeux de Gloria (Selenis Leyva) et Sophia (Laverne Cox) dont les fils adolescents ont tendance à tomber dans la délinquance. A travers l’histoire de Maria Ruiz (Jessica Pimentel), dont le compagnon Yadriel (Ian Paola) éloigne la fille afin de la protéger de cette image d’une mère incarcérée. La perception du lien maternel entre Daya (Dascha Polanco) et son futur enfant, vaut il mieux confier le nouveau né à sa famille ou à la mère de Mendez (Mary Steenburgen) ? Etude enfin de la relation des détenues elles mêmes avec leurs mères ou leur figue maternelle, ainsi les relations Nicky/Red, Piper/Carol Chapman… mais aussi les conséquences de la disparition de Vee (Lorraine Toussaint) sur Taystee (Danielle Brooks) et Suzanne (Uzo Aduba).

Pour ce qui est de la foi, le thème est plus complexe et se tisse plus ou moins dans chaque épisode. La foi se démultiplie dans cette saison. Premièrement, la foi en tant que croyance spirituelle, à travers les religions des détenues, et les croyances des remèdes de Gloria. Que peut apporter la foi en une religion ? On part alors du constat que l’appartenance au judaïsme peut rapporter de meilleurs repas, au cheminement totalement dénué d’arrières pensées de Black Cindy (Adrienne C. Moore) vers le judaïsme qui se révèle être une religion qui l’aide à mieux se comprendre elle même et à comprendre le monde qui l’entoure. La création d’une nouvelle religion/croyance autour de Norma (Annie Golden) dont la présence et la sensibilité sont érigées par un groupe de détenues en miracle. Une relation qui va donner lieu à la création d’une structure qui va rapidement se transformer en secte. Pourquoi une telle évolution autour de Norma ? Parce que les détenues ont un besoin viscéral, comme l’expliquent Soso (Kimiko Glenn) et Poussey (Samira Wiley), de se sentir connectées, de croire en quelque chose de plus grand.

Mais à côté de cette foi/croyance/religion, cette nouvelle saison étudie également la foi en l’être humain. Les détenues peuvent elles se faire confiance ? Peuvent elles avoir foi en elles mêmes et évoluer, même enfermées entre ces murs ? Faut il pardonner à ceux et celles qui se nous trahissent ? Comment peut on avoir foi en l’être humain lorsqu’ils ne vous défendent pas comme ce fut le cas lorsque Sophia fut victime de transphobie ?

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Un aspect très important dans cette saison 3, qui se clôture sur un constat assez simple : malgré les différences de chacun, leur couleur de peau, leurs croyances, leurs religions, leurs catégories sociales… il faut croire en l’être humain. A ce propos, la scène du lac est très révélatrice de la puissance de la foi en l’être humain.

Des personnages à l’honneur :

Vous serez ravis de savoir que la saison 3 met à l’honneur des personnages présents depuis la création, mais que nous ne connaissions pas encore vraiment. Durant les saisons 1 et 2, vous avez outre Piper Chapman( Taylor Schilling), pu découvrir Alex Vause (Laura Prepon), Nicky Nichols (Natasha Lyonne), Lorna Morello (Yael Stone), Red (Kate Mulgrew), Sophia Burset (Laverne Cox), Suzanne Warren « Crazy Eyes » (Uzo Aduba), Taystee (Danielle Brooks)…

Et cette saison 3 vous permet de connaitre un peu plus Marisol Gonzales « Flaca » (Jackie Cruz), Gloria Mendoza (Selenis Leyva). Deux personnages hauts en couleurs, dotés de fortes personnalités, qui se battent pour faire valoir leur place à Litchfield, chacune à leur manière. Un aspect de la saison 3 très appréciable grâce au talent de Selenis Leyva et Jackie Cruz, qui peuvent enfin démontrer leur valeur en tant qu’actrices, et donner une nouvelle dynamique, en mettant en exergue, pour Gloria, la difficulté de maintenir la maternité et l’impuissance d’une mère incarcérer pour gérer l’éducation de ses enfants. Et de l’autre côté, la recherche du soi, de trouver sa propre voie et faire valoir son ambition pour Flaca. Et la relation chaotique qui unit ces deux fortes têtes, qui sont finalement un peu mère et fille…

Vous pourrez également faire plus ample connaissance avec « Big Boo » Carrie Black (Lea DeLaria) et Tiffany Dogget « Pennsatucky » (Taryn Manning). Une amitié amorcée en fin de saison 2, et qui se développe en cours de saison 3, et vous prouve, que même des personnes aux tempéraments, croyances et orientations totalement différentes peuvent très bien s’entendre, surmonter leurs différences et en faire une force. Une autre démonstration de la foi en l’être humain, fondamentalement emphatique. Vous allez même apprécier Dogget, personnage que beaucoup ont peu aimé durant les deux premières saisons.

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La saison 3 s’arrête aussi sur l’histoire de Joe Caputo (Nick Sandow), qui suite à la démission forcée de Natalie Figueroa (Alysia Reiner), se retrouve à la tête de Litchfield, et confronté à la possible fermeture de la prison, sauvée in extremis par un investisseur privé, trouvé par Fig, qui reste présente dans la série comme la maitresse de Caputo.

Le petit bémol en matière de découverte des personnages se situe, selon nous, au niveau de Norma (Annie Golden). Un personnage intéressant, l’histoire touchante d’une bégayeuse, enrôlée dans une secte durant sa jeunesse. Mais une exploration, à travers sa création d’une nouvelle forme de spiritualité au sein de Litchfield, qui n’est autre que sa propre secte, qui prend, selon nous trop d’espace en cette saison.

De nouvelles recrues :

Qui dit nouvelle saison, dit sang neuf. Dans cette troisième saison, vous voyez apparaitre deux nouvelles détenues, et l’arrivée d’une détenue aperçue en début de saison 2.

Lolly (Lori Petty) débarque à Litchfield. Souvenez vous du transfert de Piper à Chicago dans le premier épisode de la saison 2, elle avait fait la connaissance de Lolly dans l’avion. Eh bien Lolly arrive dès le 6ème épisode, et dévoile une personnalité originale et intéressante. En effet, Lolly, après s’être extasiée sur la qualité et la propreté de la prison, se dévoile comme un personnage très intéressant, qui se prend d’intérêt pour Alex, en notant tous se faits et gestes. Une attitude suspicieuse tout simplement due à sa fascination pour les théories conspirationnistes. Persuadée de l’appartenance d’Alex à la NSA, son obsession va finir par un affrontement permettant à Alex de comprendre la personnalité de Lolly, et va donner naissance à une relation assez particulière entre ces deux détenues, qui appelle à plus de développements dans la saison 4, surtout après la mise en garde qu’elle avait adressée à Alex à propos de ce nouveau garde au cure dent.

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On découvre Maureen (Emily Althaus), une des détenues qui se prend de passion pour l’oeuvre de science-fiction écrite par Suzanne. Cette fascination va passer de l’oeuvre à l’auteure, Maureen se prenant d’affection pour Suzanne. L’occasion d’être les témoins des prémices d’une romance entre elle et Suzanne, et ainsi découvrir ce côté sensible et peu sûre d’elle de cette dernière.

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Et bien entendu la dernière arrivée Stella Carlin (Ruby Rose), la détenue à l’accent australien et aux tatouages originaux, dont vous faites connaissance en même temps que Piper, durant leurs heures de travail au sein du nouvel atelier Whisper installé dans la prison, pour la confections de sous vêtements. Une détenue qui va vite attirer Piper par son franc parler, ses remarques tranchantes et son attirance réciproque évidente pour Piper. Stella va gagner la confiance et les faveurs de Piper, et va finir par abuser de cette confiance, ce qui va faire d’elle la première vraie victime de Walter White-isation de Piper, qui va la faire envoyer en quartier de sécurité maximale avec une peine allongée. Un personnage intéressant, bien porté par Ruby Rose, qui s’intègre bien dans le casting, et permet de faire évoluer Piper.

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Un départ :

Et voilà l’élément inattendu de la saison, le départ de Nicky (Natasha Lyonne). En fin de saison 2, Nicky avait volé l’héroïne de Vee de l’entrepôt pour la cacher, avec l’aide de Big Boo (Lea DeLaria) dans la buanderie. Une quantité de drogue important qu’elles se devaient de faire sortir de la prison.

Son association avec Luschek (Matt Peters) aurait pu fonctionner, si elle n’avait pas eu l’imprudence de cacher un sachet d’héroïne dans son bureau, par peur de voir partir l’intégralité de son talon d’Achille à tout jamais. Le sachet découvert, Luschek se dédouane en accusant Nicky, envoyée en quartier de sécurité maximale, dès le 4ème épisode de la saison.

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La saison 3 a, de notre point de vue, avec le départ de Nicky, perdue un de ses éléments comiques, et des relations très intéressantes, que ce soit avec Lorna, Red, mais aussi avec Alex. Mais gardons espoir pour un retour de Nicky, dont un retour reste possible.

Le grand et tant attendu retour d’Alex Vause :

Alex IS BACK !! La grande absente de la saison 2 est enfin de retour à Litchfield, et tout le mérite en revient à Piper. Souvenez vous, après avoir été libérée pour avoir témoignée comme Kubra (Eyas Younis), à la tête du cartel international de drogue dont elle faisait partie, Alex, de peur d’être tuée par Kubra confiait à Piper sa volonté de quitter le pays, projet contrecarré par l’appel à son agent de probation, commandité par Piper, dont les motivations de simple protection d’Alex paraissaient un peu bancales.

Alex, la dure à cuire, l’ancienne grande et sexy criminelle comme la qualifie Piper, est donc de retour dès l’épisode 1, mais pas de la façon dont on peut s’y attendre. Parce que ce retour, elle ne le comprend pas, elle s’en veut terriblement d’avoir été assez bête pour se retrouver incarcérée une nouvelle fois. On a donc à faire à une Alex dévastée, perdue, faible. Une vulnérabilité à fleur de peau que l’on avait déjà pu percevoir en cours de saison 1, mais qu’elle laisse ici transparaitre pleinement à Piper. La scène de la chapelle est d’ailleurs la démonstration de la confiance et de l’amour qu’elle éprouve pour Piper. Souvenez vous de cette scène, où Alex se laisse aller à pleurer, montrer toute sa faiblesse, elle qui avait jusqu’ici toujours prise sur sa vulnérabilité. Un retour qui la bouleverse au point de se remettre en cause totalement, lui faire prendre conscience qu’elle veut changer. Une prise de conscience qui aura des conséquences sur sa relation avec Piper.

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Passé le choc du retour à Litchfield, l’acceptation de la trahison de Piper, leur réconciliation…Alex va devenir obsédée par la certitude que Kubra, qu’elle a trahi en témoignant contre lui à Chicago, va se venger en envoyant quelqu’un la tuer. Une obsession, qui aux yeux de Piper peut paraitre totalement démesurée, mais qui, à travers les flashbacks de sa vie à Paris après le départ de Piper et l’enterrement de sa mère, où l’on découvre que Kubra a fait froidement abattre Fahri (Sebastian LaCause) par Aydin (Juri Henley-Cohn) un des associés de Kubra. Des soupçons et une peur réels donc mais à cause desquels Piper va s’éloigner peu à peu. Une peur qui va se concrétiser dans le dernier épisode avec l’apparition d’Aydin en officier correctionnel, suspecté par Lolly, seul face à Alex dans la serre.

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Un retour et une évolution de ce personnage très intéressants cette saison. L’occasion d’en découvrir plus sur la vie de criminelle d’Alex, mais aussi de sa vulnérabilité et de son profond amour pour Piper. L’occasion aussi de voir sa relation avec Yoga Jones (Constance Shulman), Lorna (Yael Stone) et un début de relation avec Red (Kate Mulgrew), que l’on a hâte de voir prospérer. L’occasion aussi pour Laura Prepon, de prouver s’il en était nécessaire, l’étendue de son talent d’actrice, qui peut étirer son jeu tant au niveau dramatique qu’humoristique. Une saison qui lui donne un bon matériel pour une ou des nominations aux Golden Globes et Emmys.

La tumultueuse relation Alex/Piper :

Le retour d’Alex à Litchfield est aussi et surtout synonyme de retrouvailles avec Piper, et ainsi le retour du couple maudit.

Une relation qui démarre sous fond de secret, Alex ne sachant pas que son retour est dû à Piper, qui se garde bien de confesser sa trahison. Un début de saison marqué par un retournement de forces entre elles deux. Piper devient la force rassurante, essayant de réconforter et protéger Alex. Jusqu’à la confession de Piper, qui va les emmener vers un jeu de je te hais mais je t’aime, qui va se résoudre lors du cous de théâtre lors duquel tous les sentiments, excuses et vérités sont dévoilés métaphoriquement.

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Une relation qui aurait pu devenir normale et posée, mais c’était sans compter sur la paranoïa justifiée d’Alex mais incomprise et sous estimée par Piper, et la volonté de celle ci de devenir elle même en s’essayant à la vie de gangster, dont ne veut plus Alex, qui va finir par les séparer. En effet, Alex ne supportant pas cette facette de Piper décide de mettre fin à leur relation tant professionnelle que personnelle. Mais cela ne serait il pas une simple tactique pour faire prendre conscience à Piper de ce qu’elle devient ? Preuve en est de l’échange entre Alex et Yoga Jones durant le diner de Red, durant lequel Alex avoue que même si leur relation parait terminée elle ne l’est jamais totalement, malgré tout le mal et les épreuves qu’elles se sont faits endurer depuis toutes ces années. Parce que même si elle paraissent toxiques l’une pour l’autre, elles n’en sont pas moins interdépendantes…

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Piper évolue et se prend pour le Parrain :

Piper que l’on a découvert perdue, indécise, cherchant ses marques dans la saison 1, gérant les règles de la prison et se fondant dans le moule dans la saison 2, continue son évolution dans la saison 3.

Une évolution très importante en cette saison, qui prend tout son sens lorsque l’on envisage le personnage dans sa globalité. Une évolution qu’apparemment de nombreux adeptes n’ont pas approuvé mais que nous avons adoré.

Dessinons rapidement le portrait de Piper. Elevée dans une famille aisée, proclamée WASP, avec un grand frère, présenté comme parfait (jamais apparu dans la série) et un petit frère original Cal, des parents ne parlant jamais des problèmes. Un père ayant des aventures extraconjugales, une mère noyant son désespoir dans ses activités, et comme le précisait son frère Cal durant la saison 2, de Gin et fromage blanc. Une éducation classique avec des études supérieures effectuées à Smith. Une jeunesse passée sous la règle des apparences, qui comptent énormément pour ses parents. Comme toute jeune élevée dans ces conditions, Piper rêvait d’aventures, d’imprévus, ce qui lui a offert Alex, dont le côté dure à cuire, sexy criminelle, parcourant le monde l’a attiré comme un aimant. Mais comme le précisait Alex dans la saison 1, dès que les choses sont devenues dangereuses, que Piper a pris conscience, après avoir fait voyagé la valise d’argent, de la fonction d’Alex et a décidé de redevenir ce que l’on attendait d’elle, une jeune fille fiancée à un homme qui ne fait pas de vague, et développant le commerce de savons avec sa grande amie Polly (Maria Dizzia).

Mais son incarcération l’a projeté dans un nouveau monde dont elle a du apprendre les codes, s’y adapter. Le point de départ de l’évolution de son personnage dans la saison 3, est la découverte par Red de son mensonge sur l’état de sa boutique, dont les motivations ne sont pas comprises par Red qui aurait préféré l’honnêteté à la volonté de Piper de la protéger de celle ci, et à sa confession sur sa trahison envers Alex. A ce moment, Red lui fait comprendre qu’elle doit arrêter de vouloir masquer la vérité aux autres et de faire des coups bas. Moment de prise de conscience pour Piper, qui comprend qu’elle se comporte exactement comme la personne qu’elle ne veut pas devenir, sa mère. Elle décide donc de suivre les conseils de Red et de faire ressortir son « côté russe ».

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Le point ici est donc Piper tentant de trouver son pouvoir. La saison débute avec Piper, plus forte que dans la première saison, mais encore un peu perdue en milieu de route. Alex revient, elle est furieuse, le sexe de haine est tout au sujet d’Alex en contrôle. Puis la scène d’improvisation, où Piper voulait retrouver son pouvoir. Elle présente ses excuses, Alex se radoucit. Ainsi commence la montée en puissance de Piper.

Un peu plus tard Alex veut la rencontrer dans la bibliothèque. Elle dit «non». Alex se soumet. Elle rencontre ses parents en visite. Son père lui réservait un moment difficile, elle décide alors de les affronter en leur révélant sa relation avec Alex. Et elle ne recule pas, elle les chasse de la salle de visite avec un orgasme simulé. Elle prend son pouvoir. Elle demande à Alex d’être sa petite amie, elle assied ici encore son pouvoir en construction. Après  deux épisodes intermédiaires où Alex et Piper sont sur une sorte d’égalité, vivant leur vie de couple et s’amusant, même si Alex est un peu préoccupée et développe sa peur des représailles de Kubra, Piper en rit et se moque de loin.

Puis arrivent Whisper et Stella.

Piper a subis de nombreux reproches au cours des deux dernières saisons comme étant la tête d’affiche pour les privilèges des Blancs. Stella lui dit, qu’elle est ne comprend pas ses inquiétudes alors qu’elle est typiquement parfaite. Discours qui résonne et lui permet de s’accepter, se sentir «jolie», et de prendre son pouvoir.

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Elle propose son idée de commerce de culottes à Alex, qui la suit dans l’aventure. Piper devient sûre d’elle, entreprenante. Pendant ce temps Alex est en mouvement contraire, aux prises avec sa peur. Piper se trouve alors attirée par Stella, parce qu’elle alimente sa puissance, en la flattant, lui donnant de l’importance. Stella lui fait prendre conscience qu’Alex n’a rien à apporter à son petit commerce de culottes, c’est son idée, elle doit la contrôler. Son speech dans la cour en est d’ailleurs une belle illustration et un des moments les plus comiques de la saison.

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Plus l’entreprise devient florissante, plus Piper se sent devenir quelqu’un. Alex ne parvient pas à recruter où Piper réussit, et son indépendance et le pouvoir ne sont plus liés à Alex. Bien sûr, Alex voit ce que Piper ne peut pas, que ce voyage de puissance est dangereux. Alex conseille à Piper d’être prudente et qu’elle va trop loin dans la criminalité mais Piper est aveuglée par ce pouvoir.

Un pouvoir enivrant qui va la pousser dans les bras de Stella et l’éloigner d’Alex qu’elle va tromper, sans jamais lui avouer, de peur de la blesser. Alex se rend compte du chemin pris par Piper et décide de se retirer. Piper assume ce rôle de parrain de Litchifeld et considère Stella comme une partenaire d’affaires avec bénéfices, pas un nouvel amour, juste une autre marque de sa nouvelle puissance.

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Stella lui tatoue «Trust No Bitch» et il enseigne la conquête de sa propre douleur. Ce tatouage se révèle être une métaphore pour toute sa douleur – qui vient d’une vie de privilège. Et prend un autre sens lorsque Stella la vole. Pas de douleur ici puisque Stella ne comptait en premier lieu.

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Ultime manifestation de son nouveau pouvoir, Piper réengage Flaca à ses propres conditions et piège Stella pour l’avoir volée en l’envoyant en sécurité maximale avec une peine allongée. Façon pour elle de prouver aux autres qu’elle n’est pas cette petite blonde écervelée, privilégiée, facilement manipulable, mais qu’elle peut bel et bien prendre le pouvoir.

Quoi qu’il en soit, nous arrivons à la scène folle où Piper est elle-même tatouage. Elle a pris le pouvoir sur tout (sauf effectivement Alex, qui a rompu avec elle) y compris sa douleur. On la voit donc en cette saison se transformer, passer d’un extrême à l’autre, tentant de prouver qu’elle peut elle aussi être une vraie criminelle et se faire respecter, quitte à se mettre à dos les personnes qui comptent le plus pour elle. Une sorte de Walter White-isation.

Cette saison prouve donc bien que Piper est un entrepreneur, et alors qu’elle a perdu son pouvoir dans son entreprise de savon au profit de Polly à cause de son incarcération, elle le retrouve avec le commerce de la culotte. Elle veut être un patron, et avec juste un soupçon de puissance, son ego monte. Elle est partie de « je ne peux pas attendre pour sortir de prison » dans les saisons 1 et 2 à « je veux me faire une place en prison » dans la saison 3. Faut il dire pour autant que les scénaristes sont allés trop loin et ont perdu Piper ? Selon nous pas du tout. Piper est s’est prise au piège de son ego, mais toute montée en puissance et perte du contrôle des proportions a toujours un revers. Et sur ce point, la saison 4 s’annonce fort intéressante.

Au final une saison 3 riche pour ce personnage de Piper, qui a connu une croissance vertigineuse, qui a permis à Taylor Schilling de prouver une fois encore que quelque soit la direction dans laquelle son personnage part, elle suit, sans aucune fausse note. Un jeu toujours parfaitement dosé, des expressions faciales d’une vérité criante. Et la scène du speech debout sur la table pour recruter ses porteuses de culottes devrait d’ailleurs lui valoir un prix d’interprétation.

De beaux clins d’oeil de la part des scénaristes :

Depuis la mise en ligne de la saison 1 en 2013, la série a connu un engouement qui n’eut de cesse de progresser, avec une base de fans plus importante chaque jour.

Des adeptes qui au delà de leur problème de ne plus savoir séparer les acteurs des personnages qu’ils incarnent, en projetant les relations dans la vie réelle, se sont mis en tête de créer des « fanart » en détournant ou croisant les personnages d’OITNB avec les personnages Disney, de dessins animés, superhéros, films d’anthologie… Mais également en développant à outrance, ce que l’on appelle les fanfictions, qui réinventent des suites pour la série.

Face à cela, il apparait que les scénaristes se sont donnés à coeur joie de détourner ces tendances. Tout d’abord, en donnant à Alex de nombreuses références à Disney et dessins animés (Princesse Jasmine, Aladin…).

Mais la référence la plus claire est celle du roman de science fiction de Suzanne. Tout d’abord, à travers l’intense engouement des détenues pour le travail de Suzanne, qu’elles pressent de leur dévoiler de nouveaux chapitres, en essayant de lui tirer les vers du nez pour connaitre la suite des évènements, tous commas les fans de la série réclament de connaitre la suite avant même le début du tournage de la saison suivante.

Mais aussi, une fois qu’Healy lui interdit de continuer sa rédaction à cause du caractère inapproprié de ses écrits, rappelez vous Suzanne découvre un chapitre de son histoire qu’elle n’a pas écrit, et qui invente une suite. C’est à dire l’exemple même des fanfictions, qui déplait à Suzanne qui n’aime pas que les autres s’approprient son histoire, mais qui est considéré par Taystee comme une marque d’admiration de ses lecteurs.

Au final, une saison 3 prenante, surprenante, captivante, qui tient toutes ses promesses, qui n’est pas tombée dans le piège de la perte de vitesse classique des séries au cours de leur troisième saison. Une saison qui se termine avec son lot de questions en suspend, que va-t-il arriver à Alex ? Piper va-t-elle se rendre compte de la dangerosité du chemin poursuivi ? Comment Litchflield va gérer l’arrivée de toutes ces nouvelles détenues ?

Rendez vous en juin 2016 pour la saison 4….

(Photos & crédits : Netflix)

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