Dans Profilage on traque « Les prédateurs » avant de plonger « Entre deux » réalités

Ce soir sont diffusés sur TF1 les épisodes 7 et 8 de la saison 5 de Profilage

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Ce soir, vous avez rendez vous avec deux nouveaux épisodes inédits de Profilage, « Les prédateurs » et « Entre deux ». Deux nouveaux épisodes riches en évolutions pour les membres de l’équipe, ponctués de mensonges, de révélations, de conflits…

Votre soirée commencera tout d’abord avec « Les prédateurs ». Un épisode dont l’intrigue policière est très originale, car il aborde un syndrome peu répandu, qu’est le syndrome de Renfield, aussi appelé vampirisme clinique, qui se caractérise par l’ingestion de sang humain. Ici ce syndrome est abordé dans son aspect dérivé, le syndrome de la comtesse, insipré par la comtesse Erzebeth Bathory, qui en buvant le sang de jeunes femmes avait l’impression de rajeunir. Le thème de la peur de vieillir est donc bien développé, avec la démonstration de la pression du monde du travail et de la société face à ce vieillissement. A côté de cela, cet épisode aborde également le problème du manque affectif qui a des incidences importantes à la vie adulte, et les dérives que cela peut entraîner, ici du point de vue du fils, qui n’ayant grandi qu’à travers les images télévisées de sa mère, ne trouve pas le courage d’entamer une vie d’adulte autrement qu’à travers un écran, en violant l’intimité de la femme qu’il désire.

A côté de cette enquête, qui bien que menée de façon intéressante, manque peut être de développement quant au dénouement, qui parait bien rapide, le plus important dans cet épisode tient à l’avancée de différents fils rouges développés depuis le début de la saison.

Tout d’abord, l’occasion dans cet épisode de connaitre les véritables intentions d’Adèle envers Thomas. Ici, Adèle va enfin dévoiler ses véritables sentiments, montrer sa fragilité. Fragilité qu’elle ne pourra gérer qu’en faisant ce qu’elle fait toujours, c’est à dire partir. Donc la découverte d’une nouvelle facette de ce personnage d’Adèle, qui est très complexe, mais dont l’interprétation de Juliette Roudet, reste toujours aussi parfaite.

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Puis l’arrivée d’un invité surprise, Sydney, le fils de Jessica Kancel (soeur de Fred). Un enfant qui va pousser Fred à mettre en péril ses rapports avec Hyppolite, en lui mentant afin de ne pas le perdre. Un gros risque de la part de Fred, qui ne sera pas sans conséquences. Un nouveau visage de Fred, interprétée tout en douceur par Vanessa Valence, qui réussit à donner une profondeur au personnage, en montrant le tiraillement entre son attachement et ses sentiments pour Hyppolite et sa peur de le voir s’éloigner.

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« Les prédateurs » fait donc référence à deux sortes de problèmes, celui du vampirisme, mais également celui de cet homme qui agit envers la personne qu’il aime comme un prédateur. Un épisode, dont l’intrigue policière sur une thématique originale, aurait peut être pu être approfondie, mais qui passe un peu au second plan derrière le développement des arches entre, d’une part, Adèle et Thomas, et d’autre part, Fred et Hyppolite. Un épisode dans lequel Chloé reste un peu en retrait et se concentre sur la psychologie du ou des coupables, en menant une belle démonstration de manipulation en fin d’épisode, et qui met à nu les évènements qui se passent entre Adèle et Thomas.

Un jeu des acteurs toujours aussi bon, et une réalisation de Franck Allera de bonne qualité. Un des seuls regrets de cet épisode serait peut être le traitement du départ d’Adèle, qui apparait à la fois précipité, mais qui rentre bien dans le fonctionnement du personnage, mais surtout le fait qu’il n’en soit pas fait mention au sein de l’équipe, ce qui laisse un goût d’inachevé.

Vous continuerez votre soirée Profilage avec l’épisode « Entre deux », qui encore une fois porte sur une intrigue policière originale, qui est la marque de fabrique de la série.

Ici, l’enquête se concentre sur le problème d’un tueur qui émascule sa victime. Un problème de rapport avec l‘image de l’homme et ce qu’elle représente pour le tueur. Chloé va devoir déterminer précisément ce que représente cette émasculation pour le coupable. Une enquête qui va pousser l’équipe dans une direction originale, et le développement d’un problème de confrontation de la personnalité du tueur avec son envie de son conformer à ce que la société attend de chacun de nous, sa volonté de rentrer dans un stéréotype bien précis.

Une intrigue très intéressante, mais dont le traitement est assez décevant. Pourquoi ? Parce qu’elle apparait comme transparente. Le dénouement de l’enquête est prévisible dès les 20 premières minutes de l’épisode. Certains évènements paraissent improbables. A un certain moment, on arrive à se demander comment Rocher ne se rend pas compte de ce qu’il se passe, à qui il a à faire, lui si suspicieux envers tout le monde…

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Un épisode dans lequel l‘enquête est très secondaire. L’intérêt de cet épisode est encore une fois au niveau des arches entre les membres de l’équipe, qui sont ici très développées. Les rapports entre Chloé et Rocher sont dans cet épisode à l’image des montagnes russes, d’un côté par la découverte du secret de Rocher vis à vis de Tobias Roze par Chloé qui va le pousser à lui révéler la vérité, et d’autre part, leur rapprochement grâce au petit jeu entre Lucas et Lily, et à la compréhension de Chloé face au désespoir de Rocher.

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Et de l’autre côté, les rapports entre Fred et Hyppolite, avec une évolution considérable. L’épisode débute avec une Fred qui, sous le coup de la culpabilité de son mensonge, va tout faire pour être le plus agréable possible envers Hyppolite, qui lui de son côté ne comprend pas ce changement de situation. Jusqu’à la découverte du mensonge de Fred, qui va venir mettre en péril leurs rapports. Jusqu’à mettre Fred de côté ? Vanessa Valence et Raphaël Ferret sont parfaits ici dans ce changement de rapports, qu’ils mettent en place de façon tout à fait naturelle en donnant beaucoup de profondeur à leurs personnages.

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Et enfin, le début des problèmes pour Chloé, qui tout au long de l’épisode ressent toute une série de malaises qui vont se terminer par une hallucination. Cet épisode marque pour elle le début de son combat contre elle même. Le début d’une descente aux enfers ? Réponse très bientôt… En tout cas une interprétation encore un peu plus poussée d’Odile Vuillemin, qui embarque son personnage dans une nouvelle dimension, une nouvelle facette de jeu.

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Un épisode qui navigue donc « Entre deux » réalités, marquant les deux facettes du coupable, mais aussi l’entrée de Chloé dans son combat personnel. Un épisode réalisé par Jean-Christophe Delpias, qui amène quelques nouveautés, avec l’accent mis sur des plans très serrés, qui permettent de bien mettre en évidence les émotions des personnages, mais aussi des plans larges qui donnent une dimension intéressante.

En bref, deux épisodes, dont les intrigues policières, bien qu’intéressantes, laissent un goût d’inachevé, de trop transparent. Faut il pour autant jeter la pierre aux scénaristes Fanny Robert et Sophie Lebarbier, qui nous ont habitués à des intrigues complexes et bien menées ? De notre opinion, non. Tout simplement parce que cette mise au second plan des enquêtes est justifiée par la multiplication et le développement des différentes arches entre les personnages, qui prennent une très grande place dans cette 5ème saison. Cette multiplication des arches, qui a comme avantage d’avancer dans les rapports entre les membres de l’équipe, en les mettant chacun à leur façon au centre de la saison, a cet inconvénient de devoir faire des choix. La spécificité de Profilage de proposer une enquête complète à chaque épisode de 52 minutes implique, face à autant d’arches narratives qui doivent être développées en 12 épisodes, de faire le choix de sacrifier les enquêtes, qui servent ici de prétexte aux épisodes. Y aurait il eu trop de fils rouges développés pour une seule saison ? Peut être… En tout cas, Fanny Robert et Sophie Lebarbier nous livrent dans cette saison une chose que l’on rencontre rarement, qui est le développement poussé de la complexité de tous les membres de l’équipe, qui dévoilent ici une profondeur extrêmement intéressante.

(Source et crédits : TF1, Beaubourg Audiovisuel)

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